Vive l’aventure (un petit essai, rôlistes comprendront mieux!)

3 septembre 2007

En pleine cambrousse, deux silhouettes se détachent des hautes herbes.
L’une marche d’un pas décidé, l’autre traine le pied et boitille.
Approchons nous.

La personne qui ouvre la marche est un aventurier sobrement vêtu, portant une arbalète automatique, l’air sérieux. Il est brun, de taille et de corpulence moyenne. Le célèbre Madjawa.
La personne qui boitille derrière est une jeune fille pas très épaisse aux très longs cheveux détachés qui n’arrêtent pas de se prendre dans les broussailles, bottée comme une aventurière mais portant une délicate tunique de soie lie de vin. Elle n’a pas l’air contente d’être là. Elle se fait appeller Poison Lady.

*Poison Lady*: Rahhh attends un peu, je me suis fait mal au gros orteil…
*Madjawa*: Quand tu n’as pas mal au genou, c’est au coude, au dos, ou au gros orteil.
*Poison Lady*: Bah na c’est pas ma faute, c’est la faute à la souche, là, je suis sûre qu’il est cassé cette fois ci, attends que je regarde…
*Madjawa*: Non, il est pas cassé ton orteil, et on a pas le temps. Il faut arriver à la crypte avant que la nuit tombe.
*Poison Lady*: Mais euh! On pourrait pas payer des gens pour faire ça? Tu sais y en a qui seraient prêts à tout pour aller charcuter une goule… Et puis j’aime pas les morts vivants moi.
*Madjawa*: Pour la 456799 e fois, non. Si tu ne t’étais pas enfuie en courant en laissant toutes nos affaires, on ne serait pas obligés d’y aller nous mêmes. Et puis on peut peut être trouver le légendaire artefact Ouinedozixpé dans cette crypte, c’est celle du mystérieux enchanteur Byll Guèitss. Pas question que des aventuriers véreux s’en emparent pour nous et s’enfuient avec.
*Poison Lady*: Oh regarde la jolie fleur rouge là! Je suis sûre qu’elle est empoisonnée! Si on…
*Madjawa*: T’as pas fini de changer de sujet?
*Poison Lady*: Moi? Mais je change pas de sujet moi…
*Madjawa*: Ben voyons. Pour le pendentif de la reine Fédorah, tu t’intéressais aux papillons sous marins. Pour le trône du roi Lynuquse, ça a été… quoi déjà?
*Poison Lady*: Chais plus. J’ai oublié. Mais le sceptre du magicien Oubountou, c’est bien moi qui l’ai volé, non?
*Madjawa*: Evidemment. Tu avais mal dosé le poison qui devait endormir la maisonnée. Ils étaient tous morts cinq minutes après avoir mangé les tartes au citron.
*Poison Lady*: Bah quoi on s’en fout j’ai ramené le sceptre…
*Madjawa*: Ca n’a plus d’importance. On n’a plus rien. Il nous faut cet artefact pour pouvoir nous refaire.
*Poison Lady*: J’aime pas les morts vivants.
*Madjawa*: Je sais. Tu n’auras qu’à rester au loin pour monter la garde. Si les squelettes du cimetière se lèvent, tu hurles.
*Poison Lady*: Euh… Je pourrais pas plutôt m’arranger avec un garde? Genre j’ai perdu mon collier près des tombes et j’y tenais beaucoup beaucoup et ma mère va être triste passke c’était dans la famille depuis longtemps? Le garde tue le M.V et hop, on retourne récupérer l’artefact après. Le coup de la jeune fille en détresse ça marche à tous les coups.
*Madjawa*: T’as pas fini d’arnaquer des gardes? C’est vrai quoi les pauvres à chaque fois ils se font de faux espoirs et toi tu les laisses se faire massacrer comme des mer***. T’en est rendue à combien de victimes là?
*Poison Lady*: Euh, en tout, que le poison ou que les gardes? Ou les accrochages aussi?
*Madajawa*: Si tu étais un poil moins susceptible aussi, il y en aurait moins des accrochages.
*Poison Lady*: Je suis pas susceptible moi. Je suis délicate. J’ai les oreilles sensibles et je ne supporte pas l’absence de bonnes manières. Apres quant un rustre m’aborde et me demande si je veux boire un verre ça me paraît logique de lui coller une beigne, pas toi?
*Madjawa*: …
*Poison Lady*: Bah quoi qu’est ce que j’ai dit.
*Madjawa*: Rien, rien du tout.
*Poison Lady*: Au fait comment tu fais pour me supporter toi?
*Madjawa*: Tiens regarde, on arrive, on voit les caveaux là bas.
*Poison Lady* (regarde dans la direction opposée): Euh je vois rien moi. On rentre?
*Madjawa*: Allez, il fait pas encore nuit.
*Poison Lady* (se stoppe net): Je bouge plus de là. Je suis trop près, j’ai déjà la tête qui tourne.
*Madjawa*: Et si je me fais tuer comment tu retournes en ville avec ton gros orteil?
*Poison Lady*: J’invoque l’esprit Tailaifonneportable. Si tu te fais juste blesser il ira chercher du secours pour moi.
*Madjawa*: Tailaifonneportable c’est pas cet esprit d’un ancien héros elfe noir qui était prisonnier des ruines d’Innetèrnette? Celui qui a taille humaine et qui faisait pousser des roses noires à tes pieds, et que tu as délivré? Je croyais que tu avais compris qu’il avait tué presque tout son village et que les survivants l’avaient enfermé exprès?
*Poison Lady*: Oui mais il est gentil avec moi. Il me récite des poèmes. Et il est mignon.
*Madjawa*: Ah parce que tu l’invoques souvent en plus?
*Poison Lady*: Je me chamaille pas avec lui, au moins. Je l’ai invoqué qu’une ou deux fois depuis. Comment tu crois que je m’en suis tirée après avoir chipé la boite à bijoux dans la demeure du seigneur Gougeule…
*Madjawa*: … Je me disais aussi. Et pourquoi on enverrait pas Tailaifonneportable récupérer Ouinedozixpé?
*Poison Lady*: Ah non s’il se fait blesser je me le pardonnerai pas.
*Madjawa*: C’est une sorte de fantome, il ne peut pas mourir une deuxième fois.
*Poison Lady*: C’est pire, son âme peut se faire détruire!
*Madjawa*: Tant mieux euh… Ah oui c’est vrai mince. De toutes facons il fait nuit maintenant. T’as gagné!
*Poison Lady* (adoptant une pause de victoire):Ouais! On rentre alors?
*Madjawa*: Bah oui qu’est ce que tu veux qu’on fasse. Allez, on retente demain.
*Poison Lady*: Je pourrai invoquer Tailaifonneportable pour discuter pendant le voyage, hein, dis???
*Madjawa* (levant les yeux au ciel étoilé): … Bien sûr voyons, tu as tellement l’air d’y tenir!
*Poison Lady*: Ya des jours où je t’adore, tu sais!
*Madjawa*: Oui, oui, je sais, allez, on rentre.