Flower Ring

6 février 2009

Type: Shojo
Année de parution Japon: 2004
Année de parution France: 2006
Nombre de tomes: 2
Auteur: Selena Lin
Age recommandé: 10 ans
Thèmes: Romance, historique

Scénario
Yupan est une jolie jeune fille douce et gentille, élevée en cachette dans une aile reculée du palais des Henan, dans la Chine ancienne. Avant qu’il ne meure de maladie, son père avait sauvé la vie du maître des lieux qui lui avait promis d’unir leurs enfants une fois ceux-ci adultes. Le temps a passé et il est désormais temps pour Yupan d’entrer à la cour. Mais sa mère, très exigeante avec elle et ne la trouvant pas encore assez cultivée et bien élevée, insiste pour que sa fille n’apparaisse que comme une courtisane comme les autres. La voilà donc jetée en pâture à la curiosité et la jalousie des autres jeunes filles, naturellement surprises de n’avoir jamais entendu parler de Yupan avant…

Le scénario de Flower Ring n’a rien d’inédit. Nous sommes en présence d’une romance classique et très naïve, sans véritable rebondissement. On nous promettait donc un récit où tout empoisonnerait la vie de la gentille Yupan, entre ce mariage qu’elle ne désirait pas forcément au départ (surtout qu’elle n’a jamais vu son promis) et ses difficultés à s’intégrer à la cour. bref, un programme convenu mais plutôt plaisant.

Le plus gros souci de Flower Ring, c’est que tout est vraiment trop simple. Premièrement, on a droit au prévisible coup de foudre entre Yupan et le prince Yunquian qu’elle est censée épouser. Pratique. Ensuite, si les ennuis sont bien là histoire de compliquer le tout, et bien qu’ils ne soient pas très originaux (chipies jalouses, méchant noble prêt à tout pour obtenir les faveurs de Yupan, mère exigeante…), on peut surtout leur reprocher de toujours s’arranger tout seuls! Oui, vous avez bien lu. Yupan n’a pas grand chose à faire pour se tirer des situations fâcheuses qui lui tombent dessus les unes après les autres. En général, il y a toujours quelqu’un pour la défendre ou la soutenir; et quand il n’y a personne, le problème disparaît de lui-même… Pour autant, ce n’est pas parce que le pitch est simple et l’histoire toute tracée qu’elle est déplaisante. Une amourette romantique et classique sans humour vulgaire, ça change des shojos où tout est toujours trop compliqué. Bref, on pourrait laisser le cerveau au vestiaire et suivre l’histoire…

C’était sans compter sur le véritable défaut du scénario: sa mise en scène. Dés le départ, lorsque que Yupan arrive a la salle de lecture, on a droit à des dialogues quasiment sans queue ni tête et sans réel intérêt. L’histoire n’en est pas plus avancée et on s’ennuie clairement. Sans compter que la narration est chaotique, avec des personnages chibi partout. Et comme souvent, un peu de chibi, ça apporte un peu de fraîcheur; trop de chibi, c’est lourdingue. Là, on frôle la quasi-catastrophe… Heureusement, le second tome fait bien mieux côté narratif, corrige tous les défauts du premier volume ou presque, et on reste sur une impression relativement bonne. Le seul souci récurrent, c’est le contraste entre les dialogues au discours très formel (noblesse oblige) et le vocabulaire franchement anachronique. Le mot “mer*e” semble être l’exclamation de colère préférée de Yunquian, et ça m’étonnerait beaucoup qu’à l’époque où se passe le récit, les nobles rivaux se traitaient avec des noms d’oiseaux. Bref, l’ambiance en prend quand même un coup, mais en dehors de ça, la partie scénaristique de Flower Ring reste agréable.

Personnages
Le classicisme avoué du scénario n’épargne pas les personnages, les stéréotypes des personnages de shojos. La gentille fille qui n’a pas mérité tous les soucis qui lui tombent dessus, prête à faire passer le bonheur des autres avant le sien; les petites princesses gâtées, jalouses, chipies et qui bien sûr vont finir par être du côté de leur rivale sitôt qu’elles auront vraiment fait du mal à celle-ci et s’en seront rendu compte; le noble odieux et méchant prêt à tous les coups bas pour obtenir l’héroïne; le gentil prince protecteur toujours là à temps pour prendre la défense de la jeune fille en détresse; la mère gravement malade, exigeante, qui doute toujours de sa fille pour tout, lui reprochant carrément de sacrifier quelques minutes d’études pour lui préparer un remède… C’en est presque désespérant. Ils manquent tous d’épaisseur, même si vu la longueur de la série, ce n’est pas trop étonnant. Ils sont bien à leur place dans ce récit qui ne cherche pas à se démarquer d’une quelconque façon… Mais au moins, vous serez prévenus.

Qualité des dessins
S’il y a bien un point sur lequel on ne peut pas trop critiquer Flower Ring, ce sont bien les graphismes. Au premier abord, il n’y a pas grand chose de plus que dans n’importe quel shojo dit “récent”. Pourtant, le trait de Selena Lin a quelque chose de délicat, de sensible et différent, très doux et agréable. Sans compter que les détails abondent, que ce soit dans les tenues, très amples, plissées et bourrées de motifs; les bijoux; les fleurs; ou surtout les coiffures, juste magnifiques. On pourra par contre reprocher aux personnages de quasiment tous se ressembler (pour ne pas dire franchement que parfois on ne sait plus trop qui est qui) et aux décors de briller par leur rareté. On pourra aussi dire que les chibi sont trop nombreux, surtout au début, et complètement ratés. Mais si l’on considère l’ensemble, Flower Ring reste un manhua bien dessiné.

Esthétique
L’ambiance de la cour de la Chine médiévale est vraiment bien retranscrite. On sent dans la façon de parler des héros qu’ils appartiennent à une classe sociale élevée -à un ou deux couacs près…-. De même que leurs manières, et l’étiquette qu’ils se doivent de respecter, complètent le tableau d’époque composé par Selena Lin. Pour le reste, autant avouer que ce sont les tenues qui posent vraiment l’ambiance. Les rares décors sont très typiques également. La patte de l’auteure est vraiment adaptée à l’ambiance qu’elle veut poser (contrairement à ce qu’on voit parfois ailleurs)!

Edition
Les éditions Soleil nous gratifient d’une édition « sans plus ». Le papier semble plutôt fragile (bien qu’assez épais pour éviter à l’encre de traverser) et n’est pas vraiment lisse. Par contre, il jaunit moins (et moins vite) que sur d’autres titres du catalogue. La couverture est moins souple qu’à l’ordinaire, ce qui n’est pas un mal et facilite la prise en main. Enfin, les textes sont lisibles malgré la petitesse des volumes.

En conclusion:
Flower Ring est donc un petit shojo sans prétention, ni originalité. L’histoire est simple, les personnages aussi, la série se veut très courte et le début est tout de même franchement médiocre. Par la suite, on a droit à un produit dont le charme fonctionne si on est réceptif au genre… Les dessins sont beaux, l’ambiance réussie. Au final, malgré tous les petits défauts, on pardonne les erreurs de Selena Lin, on pose le cerveau sur la table de chevet et on suit cette petite histoire sans prise de tête, sans vulgarité ni vraie violence (tout au plus une bagarre de de chiffonniers), accessible à tous les âges. De nos jours, on ne trouve plus beaucoup de choses toutes simples comme celle-ci. Hélas, tout n’est pas parfait, j’insiste vraiment là-dessus: les défauts sont réellement visibles (en particulier au début du premier volume) et à même de rebuter les lecteurs les plus exigeants qui, à moins d’accrocher à l’ambiance, regretteront à coup sûr leur achat. Soyons clairs: Flower Ring est une série qui se laisse lire, mais sans plus.

NOTE FINALE:

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